Au coeur du DCMP

DCMP : retour aux années 60

Il est difficile de résumer le DCMP des années 60 et 70 en un mot. La grande rivalité qui oppose le DCMP Imana Matiti Mabe à son éternel rival, l’As V.Club ne date pas d’aujourd’hui. Il faut rentrer dans la nuit des temps pour comprendre les origines de cette concurrence.

Créée par le père Raphaël de la Khetule de Ryove, le DCMP peut être considéré comme la plus ancienne équipe de football qui a marqué les esprits des Kinois de souche. C’était la formation des intellectuels, composée en grande partie des élèves de la célèbre école Sainte Anne (aujourd’hui comme référence Elykia ou Collège saint Joseph).

La naissance de DCMP peut être considérée comme la réponse du berger à la bergère, car pour mettre fin à l’insolence et grande gueule des supporters vert et noir, il fallait créer une nouvelle équipe.

Les deux formations avaient toutes deux, la couleur verte en commun. Daring y ajouta les motifs de la couleur blanche, symbole de la pureté et de l’excellence, tandis que Vita opta pour le noir.

Depuis lors, la rencontre qui oppose ces deux frères ennemis a toujours été considérée comme le derby. C’est le big match de la capitale toujours joué devant un grand public.

Les premiers Belgicains

En 1958, après la retentissante tournée en Belgique des Lions, plusieurs joueurs congolais ayant laissé une très bonne impression auprès du public Belge furent recrutés dans de différentes équipes de notre ancienne métropole.

Ceux qui ont constitué les premiers Belgicains du DCMP étaient :

Henri Erumba
Mokuna Troué
Julien Kialanda
Paul Bonga Bonga
Assaka
Max Mayunga
Cyprien Bula
Ekwile Feros.

Pendant que le football belge s’enrichissait par ces joueurs venus en renforts d’Outre-mer à l’inverse, les équipes kinoises privées de leurs vedettes connaissaient une baisse de régime très inquiétante.

En 1963, DCMP survolait seul le football congolais. C’est à la même année que l’équipe a été éliminée en coupe d’Afrique des clubs champions par Oryx de Douala, la meilleure équipe africaine de l’époque. 3-2 à Douala et 2-2 à Kinshasa.

Mobutu prend le pouvoir en 1965 à l’issu d’un coup d’État et fait assassiner quatre personnalités de la première République dont Evariste Tshombe, Anani, Emmanuel Bamba et Mahamba là où le stade des martyrs a été construit.

Après ce triste événement, Mobutu a cru maîtriser la population. C’est le début de la tentative d’affaiblissement des Immaculés.

Mobutu et Tshombe pour affaiblir DCMP

En 1966, lors d’un match Vita-DCMP, les supporters du DCMP avaient lancé des projectiles (pierres) à la tribune d’honneur du stade Tata Raphaël, car Mobutu voulait que son club chéri gagne ce match.

Un penalty inexistant a été accordé à V.Club à la dernière minute et le match se termina par 3 buts à 2 en faveur de Vita club. Alors qu’à l’époque les plus grands clubs étaient DCMP et St Eloi Lupopo.

Les Imaniens avaient donc défié le pouvoir dictatorial de Mobutu quand tout le monde avait peur de ce dictateur soutenu par les grandes puissances Occidentales à l’époque de la guerre froide.

Avant lui, Moise Tshombe aussi affaiblit DCMP quand il chassa plus de 30 0000 Congolais de Brazzaville.

En 1964, DCMP alignait au moins cinq joueurs d’origine brazzavilloise dans son onze type dont le capitaine Nganga Dafirma, Kibiasi Vignal, Foundou, alias « Mulele » et d’autres.

Retour des Belgicains

Après le départ des Brazzavillois, il fallait donc reconstruire cette grande équipe.

Effectivement, avec la défaite des Lions contre les Black stars du Ghana 3-0, se ferme la page du football à Léopoldville. Suite à cette humiliation devant les Ghanéens, Mobutu prend la décision de rappeler tous nous internationaux évoluant en Belgique.

Les trois grands clubs de Kinshasa, qui sont Daring, V.Club et Dragons se les partageront évidemment.

Daring récupère ces anciens joueurs partis chercher fortune en Belgique et aussi les anciens de Lupopo, car la plupart de ces joueurs devraient travailler à Kinshasa. Mwana Kasongo, Nicodeme Kabamba, Essemba, Muwawa Pele et d’autres étaient venus en renforts.

Le championnat devint du coup très pimenté mais c’était sans compter avec les « Nationaux » qu’on appelle aujourd’hui « locaux »: des jeunes joueurs vont faire leur apparition.

En 1966, le transfert dont tout le monde parle est celui de Ngunza Chang Layi qui quitte l’Olympique pour Daring grâce à Bilaf, le nouvel homme fort des vert et blanc.

D’ailleurs, il ne va pas s’arrêter là car n’ayant pas obtenu des résultats escomptés. Il va encore recruter Soukus Makelele et Raoul Kidumu.

Le problème de Daring de l’époque, c’était plutôt l’impossibilité d’avoir une équipe malgré la présence de très bons joueurs.

En 1968, Daring va acquérir un joueur exceptionnel qui va conjurer le mauvais sort des Imaniens. Kakoko Etepe allias « Dieu de ballon » venu du Racing de Matete.

Daring va restructurer autour de lui avec Raph Motonga dans les buts, Likimba, Miolo, Muwawa, Mulongo en défense, Makelele Soukus et Anita Makindu dans l’entre jeu, Amalfi, Kidumu, Kabamba et lui-même Kakoko à l’attaque, Imana va écraser tout sur son passage et sortir d’ailleurs champion de cette année 1968.

L’année suivante sera plutôt Vitaclubienne. Toujours au cours de cette année, le prodigieux Kakoko Etepe va tenter de briser le mariage qui liait son club aux Monstres, mais en vain (1969).

Alors que Daring menait par 2-0, Dragons reviendra au score et marquera un troisième but.

Kakoko n’ayant pas réussi à ramener les siens à la raison va regretter en pleurs toute la soirée…

Nous nous excusons pour la qualité de la photo qui n’est pas à la hauteur de vos attentes.

Les Têtes pensantes vous proposeront la suite de la page d’histoire avec les années 70, 80, 90 et 2000.

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