DCMP : la banche qualification teintée d’une tâche d’huile

Photo Papy Ngandu

La victoire se célèbre par tout le monde, parce qu’elle n’est pas orpheline. C’est ainsi que la qualification du Daring club Motema Pembe (DCMP) n’est pas passée inaperçue de la part des Toupamaros. Tout le monde a jubilé, mais après la fête, c’est l’évaluation. Le match DCMP vs El Watani se résume en blanc, du fait que la malédiction des 16e des finales a été brisée. Toutefois, il y a une tâche d’huile sur cette feuille blanche : la défaite à Kinshasa.

Au stade des Martyrs, l’unique but magique du DCMP a été marqué, comme c’est le cas en 16e des finales de la Coupe de la CAF. Un but, et c’est tout. En 2018 et 2017, c’est cet unique but qui avait éliminé les Imaniens. Cette année encore, l’unique bit a été insuffisant pour se qualifier à l’issue des 90 minutes contre les Soudanais.

La scène de la 16e rue (élimination précoce) n’était pas loin de se reproduire vendredi 27 septembre 2019. Mais cette fois-ci, le ciel avait décidé que le match aller se joue à l’extérieur sur la terre bénie du Soudan, où Daring a marqué deux buts. L’inverse aurait peut-être été fatal.

Avec son unique but magique à Kinshasa, Daring en a encaissé deux ! un coup d’œil au marquoir, les yeux rivés vers le tableau grisâtre électronique indiquait 2-1 pour El Watani à Kinshasa. Un œil rétroviseur rappelait à Khartoum, 2-1 pour Imana. Egalité parfaite au marquoir : 3-3.

C’est la tâche d’huile de la qualif : la défaite… à Kinshasa, à la même étape des 16e de finale, ou « 16e rue ». Quel sort lie le club ! D’aucuns parlaient de malédiction !

Place aux tirs au but. Et c’est lors de la loterie que les hommes de Ngata se sont sublimés, par chance. 3-1 pour tenter de nettoyer la tâche. Difficile de ne pas s’en rendre compte sur un nuage blanc. Comment est-on arrivé à ce niveau ?

Manque de rythme

Gagner à l’extérieur et perdre à domicile est logique. C’est un résultat sportif. Toutefois, cela n’empêche pas d’analyser pourquoi être performant à l’étranger et moins bon chez soi.

Le facteur temps n’a pas été favorable aux Immaculés. Un temps que les dirigeants de la Ligue nationale de football (LINAFOOT) n’ont pas bien calibré.

Le calendrier de la LINAFOOT, comme nous l’avions décrié, n’a pas été favorable au DCMP. Le match aller de la C2 s’est joué le 13 septembre, soit deux semaines après le dernier match de championnat national contre le Racing club de Kinshasa (RCK), le 30 août.

Et depuis, c’est la jachère. Repos imposé (à dessein ?). Le décompte démontre que le 27 septembre, cela faisait près d’un mois que Daring n’avait plus joué une seule seconde la Division I. Il était évident et visible que les joueurs manquent du rythme sur le terrain.

A la LINAFOOT de corriger cette erreur et de comprendre que corriger ne veut pas dire punir. Le nouveau planning du championnat national prévoir 3 matches en une semaine ! Même les professionnels des championnats anglais, français ou espagnols ne jouent pas en l’espace de deux jours !

Excès de confiance

Ajax ! Darin Ajax ! C’est comme ça que les Imaniens ont surnommé leur team, au regard du beau jeu que tente d’imprimer Isaac Ngata. Gagner à l’extérieur a gonflé les cerveaux des athlètes qui se sont déjà imaginés la qualification au prochain tour, oubliant les 90 minutes de Kinshasa.

C’est donc avec raison que le coach Ngata affirmait en conférence d’avant-match que les joueurs devraient « garder la tête froide ». Mais cela n’a pas été le cas. Dès le début, c’est une erreur de concentration de la défense et l’équipe paye cash : encaisser dès la 3e minute.

A la suite de ce trop-plein de confiance, il faut ajouter le manque d’engagement dans l’entrejeu, et d’animations offensives. Un match à élimination directe se joue en 180 minutes et en 90. Les joueurs sont désormais prévenus.

« Spectre 16e rue »

Après avoir été éliminés en 16e de finale (16e rue, selon l’expression des sportifs kinois), les joueurs ont mentalement cédé, à 20 minutes de la fin, après le deuxième but soudanais.

Le premier but des Soudanais, marqué matinalement n’avait pas entamé le moral des joueurs. L’égalisation a redonné de l’espoir. Mais c’est le second but d’El Khartoum, qui a assommé les jeunes. Spectre 16e rue, ou élimination en 16e de finale. Tous les ingrédients étaient réunis pour avoir le moral bas.

Travailler le mental. C’est bien ce qu’a fait le coach Isaac Ngata. Il n’a cessé d’insister sur le fait que les rencontres africaines se jouaient avec les pieds, mais aussi avec la tête.

Sur le terrain, on a pu voir que plus on s’approchait des séances des tirs au but, un seul joueur avait bien maitrisé la leçon de Ngata. Il s’agit bien du latéral droit Mukoko Amale « Soso ». C’est lui qui a galvanisé ses coéquipiers. Un exemple à suivre, notamment pour le capitaine Gikanji.

La tâche d’huile est là, la défaite à Kinshasa, mais l’essentiel est fait : la qualification au tour de cadrage. Le meilleur « nettoyage à sec » s’appelle la prise de conscience.

La Rédaction.

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